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© Gérard Dubois

Carte postale n°4 : Manic pixie dream city / Adrien Blouët

C’est un bus de nuit low-cost et bondé, dans lequel tout le monde avait vingt-cinq ans, qui m’a amené à Tokyo. À six heures, les portes se sont ouvertes et on s’est dispersés dans la lumière déjà aveuglante, il faisait très chaud et j’ai eu du mal à croire que j’allais rester là jusqu’à l’hiver.Lire la suite « Carte postale n°4 : Manic pixie dream city / Adrien Blouët »

Carte postale n°3 : vacancier perdu en vacances / Adrien Blouët

Kyoto, fin juillet 2020 C’est un voyage par soustraction. Au début du voyage il y avait un plan bien rempli, plein de toponymes à relier et de côtes à longer mais j’ai soustrait et soustrait, la pluie a tout effacé, et un matin à Tottori, le troisième matin dans une ville où une seule nuitLire la suite « Carte postale n°3 : vacancier perdu en vacances / Adrien Blouët »

Carte postale n°2 : l’année-fantôme / Adrien Blouët

Tottori, mi-juillet 2020  J’en ai soupé de l’altérité. Elle n’a plus rien d’altier. Son charme, tous les jours, parait plus factice, me surprend un peu moins. Même elle en a sa claque, va voir ailleurs si j’y suis, dit-elle. C’est ce que je vais faire, voilà mon plan : monter à la capitale, trouver un boulot,Lire la suite « Carte postale n°2 : l’année-fantôme / Adrien Blouët »

Carte postale n°1 : la saison des pluies / Adrien Blouët

Onomichi, début juillet 2020 Juillet : plus besoin de me justifier, je peux écrire des cartes postales. J’ai rendu la maison aux cancrelats, aux gejigejis et aux tiques, sans regret ; l’immobilité et la campagne commençaient à bien faire. La première soirée, j’étais dans un bar de Matsuyama, avec des Nord-Américains cachés au sud du Japon. I’mLire la suite « Carte postale n°1 : la saison des pluies / Adrien Blouët »

La Maison, Acte II, Scène 1: Les roses trémières / Stéphanie Chaillou

Le narrateur : Gérard et Jacqueline font leur promenade quotidienne. Ils appellent ça « Le tour du bourg ». Parfois ils font « Le tour de l’étang », mais c’est plus loin ; il faut prendre la voiture pour y aller. Une fois, ils ont fait le « tour du Mont Blanc », c’était il y a longtemps, en 1984. Mais là, ilsLire la suite « La Maison, Acte II, Scène 1: Les roses trémières / Stéphanie Chaillou »

Nouvelles de Belgrade – petit traité de l’endural / Svetislav Basara

23 mai 2020 L’endural est encore l’une des nombreuses particularités des Serbes, un organe qu’on ne rencontre que dans leur anatomie, et j’ajouterai aussi que la notion même (et donc le mot) n’existe que dans leur langue. Quelques-uns de mes amis polyglottes, que j’ai consultés à ce propos, affirment qu’il n’est possible de traduire leLire la suite « Nouvelles de Belgrade – petit traité de l’endural / Svetislav Basara »

De la fluidité du boulevard / Goran Petrović

Pas plus tard qu’hier, voici ce que j’ai vu en plein centre de Belgrade, au beau milieu du boulevard du Roi-Alexandre – précédemment de la Révolution, et précédemment encore du même nom qu’à présent : un Rom entre deux âges conduit un motoculteur remanié. Le petit engin agricole tire une remorque qui penche d’un côté, surchargée deLire la suite « De la fluidité du boulevard / Goran Petrović »

La Maison, Scène 6 : Le chimpanzé dans le pommier / Stéphanie Chaillou

Le narrateur : Nous sommes seuls désormais, avec les enfants dans la pièce. Dehors, nous ne savons pas ce qui se passe ; les bêtes à cornes, si elles meurent vraiment. Dedans, il arrive que les choses ne soient pas très claires non plus. Pourtant, il semble qu’il y ait moins d’incertitudes. A : t’étais où ? CLire la suite « La Maison, Scène 6 : Le chimpanzé dans le pommier / Stéphanie Chaillou »

Combien de chansons peuvent tenir sur un long play et combien en haut d’une armoire à trois battants / Goran Petrović

Il y a longtemps, quand j’étais en sixième, il y avait dans ma classe une Rom aux grands yeux, prénommée Vesna. Les filles ne copinaient pas avec elle. Les garçons, à cet âge, de toute façon, ne copinaient pas avec les filles. Pourtant, un jour d’automne, Vesna nous a tous invités à son anniversaire. ChezLire la suite « Combien de chansons peuvent tenir sur un long play et combien en haut d’une armoire à trois battants / Goran Petrović »

Nouvelles de Belgrade – métaphores latrinaires / Svetislav Basara

7 mai 2020 Ce matin, je suis tombé sur une information qui intéresse au plus haut point l’opinion publique et qui m’apprend que le directeur de la fosse septique à cinq étages, au 10 de la rue Takovska, autrement dit la Radio-télévision de Serbie, à savoir Dragan Bouïochévitch, également connu sous l’hypocoristique Bouïké, passe àLire la suite « Nouvelles de Belgrade – métaphores latrinaires / Svetislav Basara »

Nouvelles de Belgrade – cendre et poussière / Svetislav Basara

5 mai 2020 Vous connaissez tous la chanson « Toutes les bonnes choses ont une fin » ; pourquoi en irait-il autrement de l’état d’exception décrété le 15 mars dernier ? Dès l’après-midi du dimanche 3 mai, même les moineaux de Belgrade étaient au courant qu’Antivirus Maximus1 apparaîtrait le lendemain sur Pink2 pour annoncer à la nation la finLire la suite « Nouvelles de Belgrade – cendre et poussière / Svetislav Basara »

Molly for ever / Violaine Ripoll

Toute une nuit, avec son mari, confinée. Fin de la journée du 16 juin 1904 Dublin Monologue de Molly•Pénélope. Jeunesse, Gibraltar, amants, Irlande, mari, désirs, enfants, envies, dégoûts, jalousies, rêves, fantasmes. Plongée au cœur d’une voix féminine, Pénélope tisse sa toile en attendant Ulysse, Molly autour de son lit considérant le corps endormi de LeopoldLire la suite « Molly for ever / Violaine Ripoll »

LA LITTÉRATURE D’APRÈS – Pour SOLÉNOÏDE de Mircea Cărtărescu – / Aurélien Delsaux

Je ne sais pas à quoi ressemblera « le monde d’après ». Sans doute au monde d’avant. Le monde est le monde, il est ce qu’en font les êtres humains. Il n’y aura de monde d’après que s’il y a des humains d’après, et qu’ils soient toujours des humains. J’ai entendu, beaucoup, pour dire notre situation :Lire la suite « LA LITTÉRATURE D’APRÈS – Pour SOLÉNOÏDE de Mircea Cărtărescu – / Aurélien Delsaux »

Nouvelles de Belgrade – haut les masques, bas les masques ! / Svetislav Basara

27 avril 2020 Si les gens n’en tombaient massivement malades, ou du moins s’ils n’en mourraient pas, il faudrait élever à ce virus un monument grandeur nature. En collant de force le masque chirurgical sur nos visages, la Covid-19 en a rapidement fait tomber tous les autres. Et puisque nous en sommes aux masques, quand,Lire la suite « Nouvelles de Belgrade – haut les masques, bas les masques ! / Svetislav Basara »

La Maison, scène 3 : La fumée blanche / Stéphanie Chaillou

Le narrateur : Maintenant, nous sommes à l’extérieur de la maison. Dans une ruelle. Un homme et une femme parlent. Ce sont les voisins. Jacqueline : t’as vu, ils ont fait du feu aujourd’hui Gérard : oui, j’ai vu ça Jacqueline : là, ça ne fume plus, mais ce matin, il y avait de la fumée qui sortait deLire la suite « La Maison, scène 3 : La fumée blanche / Stéphanie Chaillou »

La Maison, scène 2: Le silence des carpes / Stéphanie Chaillou

Le narrateur : Nous sommes dans la même pièce, mais un autre jour. Ou à un moment différent de la journée, plus tard peut-être. En tout cas, comme si les deux scènes n’avaient rien à voir. N’étaient pas reliées l’une à l’autre. Ce qui est vrai d’une certaine façon. (A)  prend à nouveau la parole. OnLire la suite « La Maison, scène 2: Le silence des carpes / Stéphanie Chaillou »

UNE LETTRE DE PROSPER BROUILLON / Éric Chevillard

Comme l’os dans Prosper, comme la rouille dans Brouillon, je me trouve confiné moi-même dans l’oubli des chansons, des rires et des marelles, éperdu de solitude séléniteuse et grisé du vinaigre trop jeune de mes caves d’altitude, errant dans l’ornière de mes phrases comme dans des bottes qui serrent le pied, mais écrasant les mottesLire la suite « UNE LETTRE DE PROSPER BROUILLON / Éric Chevillard »

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